
Accompagné de six ministres, Sébastien Lecornu a effectué, ce lundi, un déplacement dans notre département suite à l’incendie de Saumos qui a ravagé 42 000 hectares, plus de 250 habitations et bâtiments, déplacé 220 000 personnes et mis à mal l’économie et l’agriculture de notre département.
Les annonces du Premier ministre étaient très attendues, notamment par les sinistrés et les habitants impactés par ce terrible incendie.
Nous attendions une véritable planification écologique qui acterait la résilience de nos territoires face au défi du changement climatique pour la Gironde et ses communes ; nous avons eu une série de mesures très loin d’être à la hauteur de l’ampleur de la catastrophe vécue cet été et des défis qui nous attendent.
3 % des besoins
Avec une annonce de 12 millions d’euros débloqués par l’État pour faire face aux travaux de reconstruction et de sécurisation (10 millions pour la Gironde et 2 millions pour les Landes), nous sommes bien en deçà du coût total estimé de la catastrophe, qui pourrait se chiffrer à 400 millions d’euros selon les premières estimations. Rappelons le coût des incendies de 2022, qui a été estimé autour de 200 à 250 millions d’euros en intégrant les dommages matériels, les pertes d’exploitation des entreprises et commerces, les coûts de secours et la remise en état des infrastructures. Les 12 millions annoncés représentent ainsi à peine 3 % de la facture globale, soit un montant plus de 30 fois inférieur au coût économique estimé des incendies.
Pour une planification écologique à la hauteur des événements climatiques
Face à un tel choc économique pour la Gironde, il faut un véritable plan d’urgence et de reconstruction, à la hauteur des dégâts comme des enjeux de prévention, et surtout ne pas céder à la panique et prendre du recul pour préparer ce qui vient après cette catastrophe, en mettant en place une planification écologique à la hauteur des événements climatiques qui vont se multiplier sur notre territoire dans les prochaines années.
Les Écologistes demandent notamment :
- Une politique beaucoup plus ambitieuse de prévention des incendies, avec une véritable stratégie nationale et territoriale de défense des forêts ;
- Une gestion adaptée des massifs forestiers, intégrant davantage le risque incendie, la diversification des essences et l’adaptation au changement climatique ;
- Le renforcement des moyens de la sécurité civile et de la lutte contre les feux, avec un budget du SDIS et de la DFCI revus à la hausse ;
- Un renforcement des moyens aériens et terrestres avec la mise en place d’une base aérienne installée au cœur du massif forestier des Landes et la mise à disposition d’un Canadair ;
- Une meilleure protection des zones d’interface entre forêt, espaces agricoles et zones habitées, là où se concentre aujourd’hui une grande partie des risques.
- Un aménagement du territoire qui conserve et recrée des zones humides, indispensables pour limiter la vulnérabilité à la sécheresse.


