Inondations en Gironde : l’adaptation et la transition écologique, doivent être nos priorités.

Le groupe Écologie et solidarités souhaite apporter son soutien à l’ensemble des habitant•e•s touché•e•s par les inondations suite au passage de la tempête Nils ces derniers jours et remercier les agents départementaux mais aussi les sapeurs-pompiers et tous les bénévoles mobilisés pour venir en aide aux sinistrés suite aux ravages de la tempête. 

Ces phénomènes naturels nous rappellent deux informations importantes : 

  • Nous ne sommes décidément pas prêts à faire face à des évènements de cette ampleur malgré la mise en place du plan national d’adaptation au changement climatique, critiqué pour sa faiblesse structurelle  et l’insuffisance de financements. 
  • La transition écologique n’est pas une option, c’est une obligation. À l’heure ou certains pays refusent de regarder l’impact du changement climatique sur notre monde, nous devons avoir l’ambition de remettre cette thématique au centre de nos préoccupations pour éviter de sombrer dans une crise multifactorielle due notamment aux effets du changement climatique. 

Le rapport d’Oxfam France « Changement climatique : Nous ne sommes pas prêt·es » (juillet 2024) nous rappelle que : 

La France est déjà frappée et mal préparée

  • 2023 : 4e été le plus chaud jamais enregistré en France, 5 000 décès liés aux pics de chaleur (¾ personnes âgées).
  • 1980–2022 : 120 milliards d’euros de pertes économiques en France (2e montant plus élevé en Europe après l’Allemagne).
  • 45 000 décès en France entre 1980 et 2022 liés à des événements climatiques extrêmes.
  • 62 % de la population française est exposée fortement ou très fortement aux risques climatiques.

Le changement climatique fabrique de nouvelles inégalités, ou du moins les renforce

Le changement climatique aggrave les inégalités sociales, économiques, de genre, d’âge et d’origine :

Exposition accrue des plus pauvres 

  • 70 % des habitants des Quartiers Prioritaires de la Ville (QPV) disent qu’il fait trop chaud en été dans leur logement (vs 56 % en moyenne).

Vulnérabilité accrue

  • Femmes et filles : meurent plus souvent lors des catastrophes (pauvreté, normes de genre, moins d’information).
  • Personnes handicapées : 4 fois plus de risques de mortalité en cas de catastrophe.
  • Jeunes enfants : 1 enfant sur 2 en Europe est fortement exposé aux vagues de chaleur → plus vulnérables à la chaleur et à la perte de concentration.
  • Personnes âgées : ¾ des décès liés à la chaleur en 2023.
  • Gens du voyage : 62 % des emplacements affectés sont en zones à fortes nuisances 

Capacité d’adaptation limitée

  • Reste à charge élevé pour les ménages modestes dans les aides (ex. : MaPrimeRénov, fonds Barnier).
  • Logements informels : non couverts par les assurances, souvent en zones à risque.
  • Difficultés d’accès aux aides : complexité des démarches, méconnaissance, découragement.

Les politiques d’adaptation proposées par l’État sont insuffisantes et contradictoires

Manque d’ambition et de moyens

  • PNACC-2 (2018) : 2,9 milliards d’euros cumulés jusqu’en 2022 → soit 600 millions/an.
  • Besoins estimés : plusieurs dizaines de milliards d’euros/an (Bâtiment : 7 milliards/an | Transports : plusieurs centaines de millions à milliards/an | Agriculture : 1,5 milliard/an | Énergie : 100 milliards pour adapter le réseau électrique à +4°C | Forêt : 10 milliards | Eau : 2 milliards/an pour la rénovation du réseau + 522 milliards pour dépolluer les eaux souterraines.)
  • Investissements non adaptés : au moins 50 milliards d’euros/an d’investissements publics à adapter.

Approche réactive et sectorielle

Attente des catastrophes pour agir :

  • Incendies en Gironde/Landes (2022) → hausse de 60 % du budget de la sécurité civile.
  • Pas de stratégie nationale intégrée : les collectivités doivent s’adapter seules, sans moyens.

Politiques contradictoires

  • Soutien aux énergies fossiles (BNP, SG, Crédit Agricole, TotalEnergies).
  • Artificialisation des sols : 61 000 ha consommés entre 2010–2020 (84 000 terrains de foot).
  • Mégabassines : 40 millions d’euros d’argent public pour 16 réservoirs bénéficiant à 5 % des agriculteurs.
  • Subventions à l’agro-industrie : modèle consommateur d’eau et de pesticides.

La maladaptation peut nous conduire vers une amplification de ces scénarios météorologiques extrêmes

  • Climatisation : coûteuse, augmente les émissions, inaccessible aux plus pauvres → 37 % des CSP+ équipés vs 19 % des ouvriers.
  • Végétalisation urbaine → hausse des prix immobiliers (ex. : +1,3 % à Angers pour 10 % d’espaces verts en plus) → déplacement des populations précaires vers des zones non végétalisées et plus chaudes.
  • Gentrification verte : forme de maladaptation qui profite aux classes aisées.

Le changement climatique pèse sur des secteurs critiques déjà fragilisés par les crises économiques et sociales

Santé

  • 7 138 écoles maternelles exposées à des vagues de chaleur >35°C d’ici 2030 (1,3 million d’enfants).
  • Pas de normes de température d’été  pour les hôpitaux.

Travail

  • 36 % des travailleur·euses exposé·e·s à la chaleur (14 % des salarié·e·s).
  • Droit du travail inadapté
  • Emplois précaires : intérim, agriculture → moins de protection.

Logement

  • 5,2 millions de passoires thermiques (17 % du parc).
  • Précarité énergétique : 3 millions de personnes, 60 % sont locataires.
  • Mayotte : sécheresse → fermeture d’écoles/hôpitaux, maladies.
  • Saint-Martin : ouragan Irma → 95 % des bâtiments endommagés, 30 % détruits.
  • La Réunion : cyclone Belal → 100 millions d’euros de dégâts (2e plus coûteux).

Ce rapport préconise 6 points clés qui pourront nous permettre d’avoir un plan d’adaptation à la hauteur des enjeux : 

  1. Financement massif : plusieurs dizaines de milliards d’euros/an, via une fiscalité juste.
  2. Adaptation démocratique : participation des populations vulnérables, conventions citoyennes.
  3. Investissements conditionnés : évaluation préalable des risques de maladaptation, avec une grille du Haut Conseil pour le Climat.
  4. PNACC opposable : valeur juridique, trajectoire de réchauffement (TRACC) contraignante.
  5. Droit du travail adapté : règles pour les vagues de chaleur, renforcement du droit de retrait.
  6. Adaptation internationale juste : doubler les financements à l’adaptation pour les pays du Sud d’ici 2025, en dons (pas en prêts).

Retrouvez toutes les actions menées par le Département pendant les tempêtes Nils et Pedro : 

  • La demande du Président du Département au Premier Ministre de
    • Reconnaître l’état de catastrophe naturelle pour les dégâts de la tempête NILS comme des conséquences de la crue hors normes et des inondations associées.
    • Mettre en place un fonds d’urgence pour aider à la réfection de ces ouvrages d’art dégradés par les crues, comprenant des fonds pour un « chantier-choc » de remise en état et d’adaptation aux aléas pour les digues
  • Les équipes des Maisons du Département des Solidarités restent disponibles au 0556993333 pour accompagner les plus fragiles. En cas d’urgence contactez le 18 ou rapprochez-vous de votre mairie ou CCAS.
  • Le « Bus en + » et ses travailleurs sociaux  ont été déployés en fonction des demandes sur les secteurs les plus touchés. Le « Bus en + » est un dispositif des services du Département qui vise à se rapprocher des lieux de vie des Girondines et des Girondins pour répondre à leurs questions et repérer leurs droits et aides sociales mobilisables.
  • Le Barreau de Bordeaux ouvre un numéro d’urgence pour les sinistrés des inondations : 0557774158, disponible tous les jours de 9h à 20h. Le service sera effectif dès demain mardi 17 février à 10h00. Les avocats répondront à toutes les demandes, qui concerneront notamment le droit des assurances, le droit immobilier, le droit commercial, le droit rural, ainsi que le droit de la famille et des successions pour les situations connexes.
Retour en haut