Bordeaux, le 05/08/26

Deux jours après que l’incendie, qui a détruit 42 000 hectares de forêts, plus de 250 habitations et déplacé 220 000 personnes, a été fixé, la Préfète de la Gironde a signé l’autorisation environnementale pour lancer le projet Pure Salmon.

Avec la signature de cette autorisation environnementale, la Préfète donne son aval à l’un des projets les plus consommateurs d’eau du département, alors que plusieurs bassins versants girondins sont classés en alerte renforcée. Pour le légitimer, trois arguments reviennent invariablement : la reconversion d’une friche, site industriel clé en main, la création d’emplois, la souveraineté alimentaire… 

La reconversion d’une friche : c’est surtout une atteinte à un parc naturel marin et à la biodiversité du territoire. 

Le site retenu se situe à la croisée du Parc naturel marin de l’estuaire de la Gironde et de la mer des Pertuis, du Parc naturel régional Médoc, et de zones Natura 2000. Malgré des promesses de  «prescriptions environnementales particulièrement exigeantes» et de «contrôle permanent» du projet, l’industriel tient l’agenda de sa propre surveillance. Nous devons préserver la biodiversité remarquable de ce territoire, nous n’avons pas suffisamment de gages pour mesurer l’impact de ce projet sur l’ensemble du vivant.

La création d’emplois : c’est surtout mettre en péril un écosystème économique déjà fragile. 

Le projet représente un risque réel pour l’ensemble du tissu économique local. Pêcheurs, ostréiculteurs, professionnels du tourisme redoutent la présence d’une méga usine qui pourrait déstabiliser tout un écosystème, environnemental comme économique. Nous devons défendre une pêche durable, un tourisme éco responsable pour continuer à soutenir le développement économique du territoire. 

La souveraineté alimentaire : c’est surtout un modèle issu de l’agrobusiness qui va peser lourdement sur d’autres.

L’impact sur les ressources de ce projet est insensé à l’heure de la sortie du méga feu de Gironde.  La consommation d’eau est sous-évaluée dès le départ. Le dossier annonce 6 500 m³ d’eau pompés par jour. La méthode de calcul officielle (FranceAgriMer) donne un besoin réel de 22 000 à 39 000 m³/jour, soit jusqu’à 6 fois plus. La production de saumon nécessite une pêche minotière intensive, grande consommatrice de poissons qui nourrissent des populations entières le long des côtes africaines, c’est donc priver de ses ressources un territoire pour notre consommation d’un poisson loin de nous être essentiel.

Pure Salmon, c’est plus de 2 millions de mètres cubes d’eau utilisés chaque année, c’est la concentration de milliers de saumons dans des cuves, c’est la volonté de poursuivre l’agrobusiness au détriment des pêcheurs et des ostréiculteurs…

« Les incendies ont montré que nos ressources étaient sous tension et que notre territoire était fragilisé par le réchauffement climatique. Pourtant, l’État continue de soutenir des projets gourmands en ressources sur notre territoire tout en supprimant les moyens dédiés à la protection de celui-ci. Ce n’est ni responsable, ni dans l’anticipation de nos besoins»

Romain Dostes, Co-Président du groupe Écologie & Solidarités.

La coalition « Usines de Saumons, Non merci » annonce désormais le dépôt d’un recours contentieux devant la Cour administrative d’appel de Bordeaux, aux côtés du cabinet TTLA et d’une dizaine d’ONG co-requérantes que nous soutiendrons.

Contact Presse
Céline REYBOUBET
Secrétaire Générale
Groupe Écologie & Solidarités
Département de la Gironde
c.reyboubet@gironde.fr 

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