Communiqué de Presse – Projet EMME : une nouvelle étape vers un projet à haut risque qui n’a pas sa place sur le site de Parempuyre et Blanquefort.

Bordeaux, le 05 Juin 2026

Hier se tenait une séance du Conseil de l’Environnement et des Risques sanitaires et technologiques (CODERST) pour donner son avis sur l’autorisation environnementale à accorder au projet EMME. Ultime étape avant la prise de décision de la Préfète sur ce projet de création d’une unité de conversion de cobalt et de nickel porté par la société Electro Mobility Materials Europe (EMME) sur les communes de Parempuyre et Blanquefort.

Suite à un débat tendu, le vote serré, 9 voix contre et 10 voix pour, montre bien les fortes inquiétudes que soulève le projet.

En effet, ce projet présente des risques majeurs tant pour l’environnement que pour la santé et la sécurité des personnes se situant dans une zone vouée tôt ou tard à l’inondation, et ce quelle qu’en soit l’origine (crue, tempête et/ou marées, changement climatique). Le remblai prévu pour atténuer les risques d’inondation aura un effet rebond sur la rive d’en face.  La localisation de ce projet SEVESO seuil haut à proximité d’autres sites SEVESO fait aussi peser un risque de réactions en chaîne.

A l’heure où les canicules se font de plus en plus précoces, fréquentes et intenses, et où les inondations font des ravages, ce choix de localisation est une aberration vis-à-vis des engagements nationaux et régionaux en matière de protection de la biodiversité. Les zones humides concernées jouent un rôle essentiel, tant comme réservoirs de biodiversité que comme puits de carbone et zones d’expansion des crues. Les mesures de compensation proposées sont très largement insuffisantes au regard de la destruction de près de 20 hectares de terres agricoles biologiques et d’espaces naturels. Un projet industriel de chimie lourde ne peut être qualifié de vertueux lorsqu’il repose sur une telle artificialisation. 

Ces inquiétudes fortes et fondées scientifiquement n’ont pas été entendues.

Notre élue, Agnès DESTRIAU, membre du CODERST en sa qualité de conseillère départementale, s’exprime sur l’absurdité d’une telle décision :

“Depuis le début de l’étude de ce dossier, l’État ferme les yeux sur le fait que l’emplacement situé en zone inondable en bord de Garonne fait courir de nombreux risques aux écosystèmes. Malgré la mobilisation populaire de plusieurs collectifs et d’associations (SEPANSO…), ainsi que d’élu.e.s, et des instances telles que le Conseil National de Protection de la Nature et la MRAe et le Conseil Scientifique de l’Estuaire, l’État poursuit sa marche forcée vers un projet qui n’a pas sa place sur le site de Parempuyre et Blanquefort.”

Nous considérons que le projet EMME, tel qu’il est conçu aujourd’hui et au regard du site envisagé, ne répond ni aux exigences de sécurité, ni aux objectifs écologiques, ni aux principes de bonne gestion des fonds publics. 

Nous exhortons la Préfète à identifier un nouveau site d’implantation en Nouvelle-Aquitaine, situé hors zone inondable, sur des friches industrielles déjà artificialisées, afin que la transition industrielle et écologique ne se fasse pas au détriment des populations, des écosystèmes et de l’intérêt général.

Contact Presse
Céline REYBOUBET
Secrétaire Générale
Groupe Écologie & Solidarités
Département de la Gironde
c.reyboubet@gironde.fr 

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