Le conseil départemental vote les délibérations dans les domaines de compétences que la loi attribue au Département. Il doit se réunir au moins une fois par trimestre à l’initiative de son président.
Des commissions thématiques, attribuées à chacune des vice-présidences, et présidendées par un.e élu.e.s nommées pour tenir ce rôle, se réunissent les quinze jours précédant le conseil départemental pour discuter des délibérations prévues à celui-ci. L’ensemble des élu·es des groupes politiques siègent lors du conseil départemental et dans toutes les commissions thématiques.
Les séances sont ouvertes au public, sauf en cas de huis clos décidé par le conseil ou en cas d’agitation, le président pouvant exercer son pouvoir de « police des séances » et restreindre l’accès du public aux débats.
“S’il y a une leçon à tirer des élections municipales qui viennent de s’achever, c’est celle d’une fragilisation accrue de notre démocratie”
Propos introductifs – Laure CURVALE
Au nom de notre groupe,mes félicitations républicaines à celles et ceux qui ont été élu.e.s en respectant des valeurs républicaines.
J’adresse aussi mes félicitations à celles et ceux qui ont eu le courage de porter des valeurs de justice sociale et climatique mais qui n’en ont pas été récompensés.
La Gironde se relève à peine des tempêtes et crues subies il y a quelques semaines, mais par manque de vision de long terme, des candidats proposent encore des programmes à rebours de l’impérative nécessité de protéger le vivant et d’agir pour le climat. Et ils sont encore élu.e.s.
S’il y a une leçon à tirer des élections municipales qui viennent de s’achever, c’est celle d’une fragilisation accrue de notre démocratie, avec un lien de confiance entre élu.e.s et citoyen.ne.s qui ne cesse de s’abîmer même au niveau local.
Quand le front républicain n’a plus rien de républicain, avec des maires de droite élus avec le soutien et les félicitations de l’extrême droite, une digue a cédé.
Quand les menaces de mort, des symboles nazis sur les affiches, les agressions et les intimidations se multiplient à visage découvert, que reste-t-il de notre démocratie qui suppose un débat constructif et construit ?
Quand la violence politique est récompensée par l’élection d’une tête de liste agressant et menaçant quelques jours plus tôt son principal opposant, et que cet agresseur est élu maire à l’unanimité de sa majorité, sous les applaudissements.
Quand la violence politique est légitimée de la sorte, la République en sort abîmée, durablement.
Quand la seule défense tentée est un renversement de culpabilité de l’agresseur à la victime pour une histoire de prise de son un peu trop propre, autre exemple de vérité alternative, c’est une honte.
Nous devons tous nous préoccuper de ces atteintes à la démocratie.
Nous devons tous aussi nous préoccuper de ces reculs pour l’écologie, après toutes les régressions venues du gouvernement et de parlementaires de droite et extrême-droite. L’écologie plus tard, c’est l’écologie trop tard.
Aujourd’hui, le moment est aussi solennel car il est
- Le moment de vérité, celui de la déclinaison de notre PRE en politiques publiques.
- Le moment où l’on expose les priorités que nous avons dû privilégier pour respecter le cadre budgétaire, pour garder la main sur notre budget et donc nos politiques.
Soyons à la hauteur des attentes des Girondines et des Girondins, pour aujourd’hui mais aussi pour demain.
“Il faut saluer les efforts déployés par le Département à travers des actions concrètes de sensibilisation, de lutte contre les violences, d’accompagnement des jeunes dans les collèges et d’inclusion sur l’ensemble du territoire.”
Intervention – Rapport Mission Diversité-Égalité-Laïcité – Christine QUELIER
Ce rapport met bien en lumière l’engagement progressif – mais néanmoins soutenu – depuis 2016 du Département de la Gironde en faveur de l’égalité, de la diversité, de la lutte contre les discriminations et de la laïcité.
Même si des disparités structurelles persistent en matière d’égalité professionnelle femmes-hommes au sein de la collectivité, même s’il reste beaucoup à faire pour atteindre une société respectueuse des différences, il faut saluer les efforts déployés par le Département à travers des actions concrètes de sensibilisation, de lutte contre les violences, d’accompagnement des jeunes dans les collèges et d’inclusion sur l’ensemble du territoire. Nous tenons à remercier pour cela notre collègue Marie Récalde qui a porté cette mission, ainsi qu’Amélie Bosset-Audoit qui a repris le flambeau ces derniers mois.
Au delà de toutes ces actions nécessaires et pertinentes, c’est aussi à travers la défense des services publics, dans tous les territoires, que nous luttons pour l’égalité, la diversité et la laïcité et plus largement pour la justice sociale.
car leur affaiblissement frappe deux fois plus les femmes et les groupes marginalisés. Ces groupes sont largement représentés dans les métiers de la santé, de l’éducation, du social, de la culture, des secteurs parfois précaires, souvent sous-valorisés avec des conditions de travail qui se dégradent réforme après réforme.
Un long chemin reste à parcourir en matière d’égalité, diversité, laïcité, y compris dans notre Département, mais nous sommes sur la bonne voie ; le projet de budget sensible au genre qui est à l’étude en collaboration avec Science Po Bordeaux nous semble très important et pourrait nous permettre de franchir un nouveau palier dans la démarche volontariste du Département en se dotant d’un outil supplémentaire d’objectivation de la réalité et d’intégration de la réduction des inégalités dans les stratégies budgétaires.
“La Gironde subit un large spectre de manifestations du dérèglement climatique et dans le même temps, les reculs environnementaux au niveau national se poursuivent.”
Intervention – Rapport développement durable – Agnès SEJOURNET
La période 2015-2025 a été la plus chaude jamais répertoriée, a déclaré l’Organisation météorologique mondiale (OMM) dans son dernier rapport, prévenant que « tous les indicateurs climatiques clé sont dans le rouge » et que la planète Terre est « poussée au-delà de ses limites ».
Dans son rapport, l’agence onusienne souligne également que l’année 2025 a été la deuxième ou troisième plus chaude de l’histoire avec environ 1,43 degré Celsius au-dessus des niveaux pré-industriels.
En France, 2025 a été la quatrième année la plus chaude jamais mesurée, derrière 2022, 2023 et 2020, avec une température moyenne de 14° et des températures au-dessus des normales de saison un jour sur deux, a annoncé Météo-France dans son bilan climatique 2025.
Les conséquences, ce sont des épisodes climatiques extrêmes qui se multiplient, des incendies de 2022 aux crues et tempêtes de 2026, en passant par de multiples épisodes caniculaires et de périodes de gel dévastatrices pour nos cultures.
La Gironde subit un large spectre de manifestations du dérèglement climatique et dans le même temps, les reculs environnementaux au niveau national se poursuivent.
Dans ce contexte, l’écologie ne peut pas être la variable d’ajustement de nos contraintes budgétaires.
Oui, nous devons faire des choix.
Oui, nous devons nous recentrer.
Mais nous ne pouvons pas renoncer à préparer l’avenir.
Car renoncer aujourd’hui, c’est payer beaucoup plus cher demain : en dégâts, en inégalités, en coûts publics. Anticiper, c’est agir avant d’être contraint.
Le Rapport d’Orientations Budgétaires le montre : le Département agit déjà depuis des années pour protéger les milieux naturels, gérer l’eau, prévenir les risques, accompagner les territoires face aux crises et je veux saluer cet engagement.
Mais il dit aussi une chose très clairement : nous allons devoir prioriser, parfois renoncer.
Alors soyons exigeants sur nos choix.
Préservons ce qui est essentiel à long terme :
- la protection des espaces naturels,
- la gestion juste de l’eau,
- la prévention des risques,
- l’adaptation au changement climatique.
Soyons exigeants aussi sur la cohérence.
Nous ne pouvons pas afficher des ambitions écologiques sans nous donner les moyens de les piloter. Le budget vert, la boussole budgétaire, l’évaluation de nos politiques doivent plus que jamais être de vrais outils de décision. Et soyons lucides sur un point : les collectivités ne pourront pas porter seules la transition écologique. On nous demande de faire plus avec moins. D’investir tout en réduisant nos moyens. Cette contradiction n’est pas tenable.
Malgré cela, notre Département continue de porter une vision.
Une vision qui relie écologie et solidarités. Je pense à Gironde Alimen’Terre, à la lutte contre la précarité énergétique, à la stratégie foncière départementale qui nous a permis de préserver plus de 11 000 hectares sur nos 124 ENS et d’instaurer 73 ZPENS pour une surface de 26 437,70 hectares
Faisons un choix exigeant, lucide, mais nécessaire : celui de ne pas reculer.
Le choix de l’écologie et de la responsabilité.
“Ce que nous défendons ici, ce n’est pas simplement un équilibre comptable. C’est une certaine idée du service public.”
Intervention – Rapport d’Orientations Budgétaires – Romain DOSTES

Ce Rapport d’Orientations Budgétaires nous place face à une vérité simple mais exigeante : dans un monde traversé par les crises, le Département est plus que jamais le premier acteur des solidarités.
En Gironde, ce ne sont pas des abstractions : ce sont 220 000 personnes qui vivent sous le seuil de pauvreté, soit 14,5 % de notre population.
Derrière ce chiffre, il y a des familles, des enfants, des personnes âgées ou en situation de handicap, des parcours de vie fragilisés. Et c’est bien là que se situe notre responsabilité première : agir, protéger, accompagner.
Nous faisons le choix de nous concentrer sur nos missions fondamentales en restant au plus prêt de nos valeurs.
Je veux saluer ici un projet particulièrement emblématique : l’accueil en Gironde du deuxième centre de suivi porté par la professeure Céline Greco, qui permettra d’améliorer le diagnostic et la prise en charge en santé mentale des jeunes issus de l’ASE.
C’est une avancée majeure. Parce que la santé mentale des jeunes n’est pas un sujet secondaire. C’est un enjeu de dignité, de réparation, et d’avenir.
Dans un contexte budgétaire contraint, nous nous devons de concentrer nos soutiens aux associations les plus en phase avec nos compétences obligatoires : la lutte contre les discriminations, les inégalités, les violences faites aux femmes, la précarité alimentaire et pour l’accès aux droits.
Ce sont des combats profondément humanistes que les écologistes ont toujours soutenus.
De la même façon, nous avons l’obligation de ne pas laisser tomber les combats pour la préservation de la biodiversité, à travers les ENS, le développement des ENR, et la lutte contre la précarité énergétique.
Malgré le contexte, nous nous réjouissons de pouvoir poursuivre notre engagement dans la politique Gironde Aliment’terre : soutien aux projets alimentaires territoriaux, animation de l’inter-PAT, co-animation du projet Recol’Terra avec Bordeaux Métropole. Et j’ose espérer que cela perdurera tant il s’agit d’un intérêt collectif d’avenir.
Parce que l’alimentation est à la fois un enjeu social, agricole et écologique.
Mais soyons lucides : ces choix s’inscrivent dans un contexte extrêmement contraint.
Nous devons mener un Plan de Retour à l’Équilibre, et cela implique des décisions difficiles, notamment sur les ressources humaines.
La régulation des effectifs, les non-renouvellements, les réorganisations sont engagés.
Je veux ici adresser un message clair : nous devons prendre soin de celles et ceux qui prennent soin des autres. Nos agentes et nos agents sont en première ligne. Ils tiennent le service public au quotidien.
Les transformations doivent se faire avec eux, avec de l’accompagnement, de la reconnaissance, et une vigilance constante sur leurs conditions de travail.
Dans le même temps, comment ne pas dénoncer une contradiction majeure ?
L’État nous demande de contribuer au redressement des comptes publics…
Alors même qu’il a, depuis des années, asséché les ressources des collectivités.
Nous, Départements, avons une obligation : présenter des budgets à l’équilibre.
Nous ne pouvons pas faire de déficit pour absorber les crises sociales ou climatiques.
Et pourtant, ce sont ces crises que nous devons gérer au quotidien.
Il faut le dire clairement : on ne peut pas nous demander d’être à la fois le bouclier social et la variable d’ajustement budgétaire.
Ce ROB montre aussi la rudesse de la trajectoire engagée.
Mais il montre également qu’elle est cohérente et maîtrisée.
Grâce aux efforts engagés, nous pouvons entrevoir une amélioration :
à l’horizon 2028, une épargne brute au-dessus de 5 %, et l’amorce du désendettement.
Mais restons humbles et vigilants.
Nos objectifs sont ambitieux, réalistes, mais nous ne maîtrisons pas tout :
- les crises géopolitiques,
- les guerres,
- le dérèglement climatique dont les effets sont déjà là, et de plus en plus violents.
En définitive, ce budget est un budget de responsabilité.
Un budget qui assume des choix.
Un budget qui se recentre sur nos missions.
Un budget qui prépare le retour à l’équilibre sans renoncer à nos engagements.
Ce que nous défendons ici, ce n’est pas simplement un équilibre comptable.
C’est une certaine idée du service public. Nous avons la responsabilité d’y arriver et de le faire en cohérence avec nos valeurs.


