Le conseil départemental vote les délibérations dans les domaines de compétences que la loi attribue au Département. Il doit se réunir au moins une fois par trimestre à l’initiative de son président.
Des commissions thématiques, attribuées à chacune des vice-présidences, et présidendées par un.e élu.e.s nommées pour tenir ce rôle, se réunissent les quinze jours précédant le conseil départemental pour discuter des délibérations prévues à celui-ci. L’ensemble des élu·es des groupes politiques siègent lors du conseil départemental et dans toutes les commissions thématiques.
Les séances sont ouvertes au public, sauf en cas de huis clos décidé par le conseil ou en cas d’agitation, le président pouvant exercer son pouvoir de « police des séances » et restreindre l’accès du public aux débats.
“On ne peut pas annoncer de grandes ambitions nationales pour les droits des femmes et, dans le même temps, fragiliser les associations qui les rendent effectives sur le terrain.”
Propos introductifs – romain dostes
Nous nous retrouvons aujourd’hui après plusieurs semaines particulièrement mouvementées pour notre collectivité.
Une période durant laquelle les débats budgétaires ont largement occupé l’espace public et politique. La Chambre régionale des comptes a désormais rendu son avis. Elle valide le Budget Primitif 2 adopté par notre assemblée.
Au fond, cet avis confirme ce que nous disions depuis le début : nous avons collectivement perdu beaucoup de temps, beaucoup d’énergie et beaucoup d’encre pour quelques décimales budgétaires.
La démocratie locale mérite évidemment le débat. Elle mérite le contrôle. Elle mérite la vigilance. Mais elle mérite aussi que nous gardions le sens des priorités. Car pendant que nous débattions de quelques lignes comptables en hémicyle, la vie continuait dehors. Les Girondines et les Girondins continuaient à faire face aux difficultés du quotidien. Les partenaires attendaient avec impatience que le budget devienne exécutoire.
Et le climat, lui, continuait à se dérégler et à se manifester avec une répétition et une intensité inédites. Les personnes les plus vulnérables continuent à en souffrir plus que les autres, la biodiversité aussi. Voilà les véritables urgences. Voilà les sujets qui doivent nous rassembler.
Nous venons de connaître deux épisodes caniculaires d’une intensité inédite avant même le début de l’été. Les scientifiques multiplient les rapports alarmants, climatologues se succèdent sur les plateaux de télé et à la radio pour nous alerter, encore une fois, pour nous exhorter à l’action car « Nous sommes en train de vivre l’été le plus froid du reste de notre vie. » Cette phrase n’est pas une formule. C’est un avertissement. Et pourtant, nous continuons trop souvent à traiter ces événements comme des accidents passagers plutôt que comme la nouvelle réalité de notre siècle. “Pour ou contre la clim” ? Voilà le débat à quoi semblait se résumer le débat et voilà qui est loin d’un changement radical pourtant plus que jamais nécessaire. L’auteur du GIEC Christian Cassou nous invite à politiser la canicule. À politiser les choix qui nous rendent plus ou moins vulnérables face à ses conséquences. Car contrairement à ce qu’on entend parfois, les gens sont très soucieux des questions environnementales et ils sont lassés en Colère, à l’image des parents d’élèves qui ont manifesté ce matin devant les écoles, et on ne peut que les remercier pour cette initiative tout comme il faut remercier les professeurs et l’ensemble du corps éducatif pour leurs efforts pendant cette canicule.
Oui, nous sommes nombreuses et nombreux à être en colère face à tous les récents renoncements de l’État, avec notamment un budget du fond vert divisé par trois en deux ans. Comment croire que ce gouvernement se montre à la hauteur du défi climatique quand En pleine canicule, le gouvernement confirme qu’il va réduire les travaux d’isolation éligibles à MaPrimeRénov’ en dehors des rénovations globales !
Cette part supprimée était pourtant absolument indispensable aux communes pour rénover leurs écoles, leurs EHPAD, les bâtiments publics. Elles comptaient dessus et ce renoncement est la marque d’un gouvernement qui n’a jamais su mettre en place son « Make The Planet Great Again ».
Et puis, il y a les petits renoncements à l’échelle plus locale, parfois assez populistes, ces projets de végétalisation qu’on abandonne, ces places de parking que l’on rajoute pour faire plaisir à tel ou telle habitant et combler tel et tel intérêt particulier. Les vagues de chaleur que nous connaissons nous montrent pourtant que seul l’intérêt général doit primer. Et cet intérêt général, c’est l’atténuation du réchauffement climatique et l’adaptation indispensable de nos sociétés à cette nouvelle donne que sont ces étés–fournaises et il faut saluer l’ensemble des communes qui n’attendent rien de l’Etat pour s’engager dans cette voix.
Nous ne pouvons se résoudre à ce qu’on aille vers une France coupée en deux, celle des climatiseurs d’un côté, pour ceux qui peuvent se le permettre, et celle des ventilateurs de l’autre (pour reprendre une expression entendue sur France Info). Comme la santé, l’accès à un climat saint doit être garanti à toutes et tous, quelle que soit sa fortune et quel que soit son logement. Dans les écoles, les Ehpad, les crèches, les établissements spécialisés, la mise à disposition de lieux collectifs rafraîchis est une priorité. Cela suppose d’anticiper, de planifier, de ne pas faire comme si on découvrait chaque été que notre pays se réchauffait. Et pour cela, il faut de la constance dans les idées et se dire que rien ne justifie qu’on abandonne cet objectif.
Nous ne négocions pas avec le climat. Nous nous adaptons ou nous subissons. Nous aurons d’ailleurs l’occasion, au cours de cette séance, de voter une motion “Canicule : l’urgence politique d’une réponse solidaire”.
Cette exigence de protection doit aussi s’appliquer aux femmes et aux enfants victimes de violences. L’actualité récente nous l’a rappelé de la manière la plus douloureuse qui soit.
Le drame de la petite Lyana a bouleversé le pays tout entier. Il nous oblige.
Il nous oblige à regarder en face les failles persistantes de notre système de prévention, de protection et d’accompagnement.
Il nous oblige à soutenir l’adoption d’une véritable loi intégrale contre les violences sexistes et sexuelles, à la hauteur de l’ampleur du phénomène.
Il nous oblige aussi à défendre celles et ceux qui, chaque jour, protègent concrètement les victimes.
À ce titre, les menaces qui ont récemment pesé sur le financement du Planning Familial de la Gironde sont profondément préoccupantes. Elles pèsent aussi sur le CASIS, la Maison d’Ella, Agir contre les violences faites aux femmes (ACV2F) à Saint-Laurent-Médoc, ou encore le Girofard, les minorités de genre étant particulièrement ciblées également.
On ne peut pas annoncer de grandes ambitions nationales pour les droits des femmes et, dans le même temps, fragiliser les associations qui les rendent effectives sur le terrain.
Les droits des femmes, la santé sexuelle et reproductive, la prévention des violences et l’accompagnement des victimes ne sont pas des variables d’ajustement budgétaire. Ils sont un moyen de lutter contre les élans masculinistes.
Ils sont le marqueur de la société que nous voulons construire.
Mes chers collègues, à travers tous ces sujets, une même question nous est posée.
Comment protégeons-nous les plus vulnérables ? Comment préparons-nous l’avenir ? Comment faisons-nous vivre concrètement la solidarité dans un monde traversé par les crises sociales, climatiques et démocratiques ?
Nous ne pouvons qu’être à la hauteur des réponses à ces questions.
“Les violences faites aux femmes et aux enfants ne sont pas une fatalité. Elles sont le produit de rapports de domination que notre société a trop longtemps tolérés.”
Intervention sur le voeu relatif à l’inscription d’une loi intégrale contre les violences sexistes et sexuelles – agnès destriau

Il faut commencer par reconnaître une réalité. Oui, il y a eu des avancées.
La constitutionnalisation du droit à l’IVG a constitué une victoire historique. La récente reconnaissance de la fin du prétendu devoir conjugal est également une avancée majeure.
Ces conquêtes sont importantes. Importantes mais extrêmement tardives. Elles montrent néanmoins que notre société peut progresser.
Mais elles ne doivent pas nous aveugler car malgré ces avancées, la société patriarcale continue de peser de tout son poids sur les femmes et sur les enfants.
Chaque année, des centaines de milliers de femmes et plus de 160 000 enfants sont victimes de violences sexuelles ou sexistes.
Et il a fallu le drame insoutenable de la petite Lyhanna pour que tout un pays mesure, une nouvelle fois, l’ampleur de nos défaillances collectives. Mais jusqu’à quand ? Nous avons toutes et tous été choqués de l’affaire Bétharram, qui concerne entre 700 et 1500 enfants potentiellement victimes de violences sexuelles ou psychologiques selon un rapport dévoilé il y a quelques jours, et de bien d’autres encore… puis le cours de la vie a repris.
Ces drames ne sont pas des faits divers.
C’est précisément ce que nous disent les associations féministes, les professionnels de l’enfance et de nombreux députés et sénateurs : nous sommes confrontés à un système qui échoue à prévenir, détecter, protéger et accompagner.
Un système où la parole des victimes est encore mise en doute. Un système où les alertes ne sont pas toujours entendues. Un système où les moyens ne sont pas à la hauteur des besoins.
C’est pourquoi nous soutenons pleinement l’adoption d’une loi intégrale contre les violences sexistes et sexuelles. Parce qu’il ne s’agit pas d’ajouter une mesure de plus ou un dispositif de plus.
Il s’agit enfin de construire une réponse globale : prévenir, protéger, accompagner, juger et réparer.
Il s’agit aussi de donner à cette ambition les moyens financiers nécessaires, pour la justice, la protection de l’enfance, la santé, l’éducation, la prévention et l’accompagnement des victimes.
Et il s’agit enfin de soutenir les associations qui, chaque jour, font tenir cette chaîne de protection souvent à bout de bras.
Les violences faites aux femmes et aux enfants ne sont pas une fatalité. Elles sont le produit de rapports de domination que notre société a trop longtemps tolérés.
“La canicule n’est pas seulement une crise météorologique. C’est un révélateur de nos inégalités, de notre vulnérabilité et de notre retard collectif face au dérèglement climatique.”
Présentation de notre Motion “Canicule : l’urgence politique d’une réponse solidaire” – laure curvale
Depuis plusieurs années, un même refrain revient : les écologistes exagéreraient, dramatiseraient, voudraient empêcher les gens de vivre. Et désormais, certains voudraient même nous faire croire que si nous souffrons de la chaleur, c’est à cause des écologistes.
Remettons les choses dans l’ordre.
Ce ne sont pas les écologistes qui ont provoqué les canicules à répétition que nous subissons aujourd’hui. Ce ne sont pas les écologistes qui ont retardé pendant des décennies les politiques de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Ce sont pas eux qui ont été condamnés pour inaction climatique à plusieurs reprise. Ce ne sont pas eux qui dézinguent toutes les agences et structures qui, au quotidien, accompagnent la bifurcation, comme l’ADEME, l’Agence bio ou les CAUE. La liste pourrait être très très longue, mais je vais m’arrêter là.
La réalité est désormais sous nos yeux. Deux épisodes caniculaires exceptionnels en quelques semaines. Des personnes âgées qui meurent. Des écoles qui ferment, ici et là. Des travailleurs exposés à des températures dangereuses. Des services hospitaliers sous tension. Et des inégalités qui explosent face à la chaleur.
Il faut abolir «les privilèges climatiques». Dans les dix départements les plus pauvres de France, «le taux de surmortalité est 31 % supérieur en cas de chaleur» que dans les dix départements les plus riches.
Face à cela, certains proposent une solution unique : la climatisation partout.
Soyons clairs. La climatisation peut être nécessaire dans certains lieux. C’est pourquoi cette motion demande un plan Celsius pour rafraîchir les hôpitaux, les EHPAD, les crèches et les écoles, avec la possibilité d’installer des climatiseurs lorsque cela est indispensable.
Mais la climatisation généralisée n’est pas une politique climatique. C’est comme un doliprane.
La véritable réponse consiste à adapter nos bâtiments, végétaliser nos villes, mieux isoler les logements, protéger les travailleurs et anticiper les conséquences du dérèglement climatique.
C’est le sens de cette motion.
Nous proposons un congé climatique pouvant aller jusqu’à cinq jours pour permettre à chacun de faire face à une canicule, une inondation, un incendie ou une fermeture d’école sans perte de revenus.
Nous proposons également un véritable service public de la fraîcheur et un effort massif d’investissement pour adapter nos territoires.
Car derrière la chaleur, une question se pose : qui paie le prix du dérèglement climatique ?
Aujourd’hui, ce sont les personnes sans-abri, les personnes âgées isolées, les travailleurs exposés, les personnes en situation de précarité vivant dans des logements mal adaptés et les collectivités qui assument l’essentiel de la facture.
Et pendant ce temps, certains continuent à défendre un modèle économique qui alimente précisément les déséquilibres que nous dénonçons.
Je pense notamment au projet Pure Salmon au Verdon-sur-mer. Un fonds d’investissement qui développerait une usine de saumons nécessitant des quantités considérables d’électricité pour refroidir artificiellement l’eau de millions de poissons élevés en bassins fermés. Tout cela pour produire davantage de saumon destiné à alimenter nos sushis et nos sandwichs triangles, dans un modèle de consommation toujours plus déconnecté des limites de la planète. Alors que bientôt, il nous faudra prioriser nos consommations d’électricité. Les lois de la physique sont strictes.
C’est l’illustration parfaite d’un système qui consomme toujours plus d’énergie et de ressources, pendant que la collectivité assume les conséquences environnementales et climatiques.
La canicule n’est pas seulement une crise météorologique. C’est un révélateur de nos inégalités, de notre vulnérabilité et de notre retard collectif face au dérèglement climatique.
Alors oui, il faut protéger immédiatement nos concitoyennes et nos concitoyens. Mais il faut aussi avoir le courage d’agir sur les causes du problème.
Car si nous refusons de le faire, nous ne ferons que climatiser davantage un monde qui continuera à se réchauffer.
La solidarité, l’atténuation et l’adaptation de nos territoires sont les seules réponses à la hauteur des enjeux.
“Dans un contexte où les mouvements réactionnaires remettent en cause nos acquis, les pouvoirs publics doivent envoyer un signal clair : celui du soutien, de la protection et de l’émancipation.”
Intervention sur la motion en soutien au planning familial de la gironde – romain dostes
La motion que nous examinons aujourd’hui est une motion de vigilance, que notre groupe soutient. Je voudrais apporter 2 précisions :
1- Les raisons invoquées, et la remise en question de l’utilité du Planning sous couvert d’une forme de bureaucratie de la productivité, est assez insupportable :
Nous parlons d’une association qui, en 2024, a accueilli 483 femmes victimes de violences en Gironde. Nous parlons des centaines de personnes accompagnées chaque année par le Planning Familial : des femmes victimes de violences, des jeunes en quête d’information, des personnes ayant besoin d’accéder à leurs droits, à la prévention ou à la santé sexuelle.
Et c’est précisément ce qui est incompréhensible car Les droits des femmes ne sont pas une variable d’ajustement budgétaire.
2- Attention à la gestion des autres partenaires travaillant dans le champ de la lutte contre les violences sexistes et sexuelles : j’ai évoqué tout à l’heure le CACIS qui conserve des inquiétudes sur les orientations récentes, mais ils ne sont pas seuls donc au delà du Planning familial, Nous demandons à l’ARS de sécuriser durablement les financements de ces associations et le réaffirmons notre soutien.
Le groupe Ecologie et Solidarités soutient donc pleinement cette motion.


